J’admettrai bien volontiers que parfois, les aristocraties produisent des résultats positifs. Mais ce n’est pas là que la question de la légitimité prend toute son importance : au contraire, c’est lorsqu’il y a des résultats négatifs.
Si l’État inflige à ses citoyens une décision qui les fait souffrir, alors même qu’il a confisqué leur pouvoir au prétexte que le peuple est incapable de prendre de bonnes décisions tout seul, sa position ne peut être qu’une imposture.
À l’inverse, un État démocratique qui inflige une souffrance à ses citoyens ne peut le faire que parce que les citoyens eux-mêmes l’ont choisi. Il est donc infiniment plus légitime pour lui de le faire, au même titre qu’un individu peut choisir de courir jusqu’à ce que ses muscles se déchirent, d’amputer un membre gangréné, ou de boire de l’alcool et tuer ses propres neurones à petit feu.
Cette différence de nature mènerait d’ailleurs à de toutes autres conséquences en termes de contestation populaire. Les décisions prises par un État aristocratique font fréquemment l’objet de manifestations et d’émeutes ou autres violences ; mais c’est surtout le cas parce que ce sont des décisions prises par une minorité qui impactent négativement la majorité.
Dans le cas de la démocratie, c’est l’inverse : la majorité décide toujours, et par conséquent seule une minorité serait susceptible de contester les décisions de l’État. Ce qui rend toute contestation violente beaucoup plus difficilement justifiable, et je présume, beaucoup moins fréquente et intense.
La Suisse, encore une fois, montre le chemin. Malgré des institutions seulement partiellement démocratiques et la survivance d’une aristocratie qui dirige le pays, les manifestations de ses citoyens sont moins violentes en moyenne1. Elles restent aussi nombreuses, mais c’est tout de même un indice intéressant.
Cependant, la question de la légitimité de la démocratie fait régulièrement l’objet d’un autre contre-argument : celui de la « tyrannie de la majorité ». C’est l’idée selon laquelle la démocratie mène à l’oppression des minorités par la majorité, simplement parce que la majorité a le pouvoir.
Ce qui m’a toujours paru exceptionnellement stupide. La « tyrannie de la majorité » n’est rien de plus qu’un sophisme de bas étage comparable au Reductio ad Hitlerum, une insulte purement rhétorique et illogique servant à briser le débat en y associant un concept négatif. Même entre les mains d’Alexis de Tocqueville, pourtant loin d’être idiot, cet argument ne vaut rien.
Lorsqu’il le présentait dans De la démocratie en Amérique, il déclarait d’abord qu’il existe une « loi générale qui a été faite ou du moins adoptée, non pas seulement par la majorité de tel ou tel peuple, mais par la majorité de tous les hommes. Cette loi, c’est la justice ». Complètement nombriliste, Tocqueville avait décidé unilatéralement que la justice était un concept uniforme et inamovible à travers toute la planète et les époques. C’est bien connu, la justice conçue par les Français de 1830 est identique à celle des Français de 2026, qui est elle-même identique à celle des Aztèques du XVe siècle.
« Une nation est comme un jury chargé de représenter la société universelle et d’appliquer la justice qui est sa loi ». Se fondant sur l’existence supposée d’une société humaine universelle, Tocqueville prétend interdire aux peuples d’être souverains chez eux. Car si la nation n’est qu’un jury qui applique des lois éthérées définies par d’autres, alors ce sont ces autres qui détiennent le pouvoir. Sa soi-disant communauté universelle est la seule à être véritablement souveraine, tandis que les nations ne peuvent être que les sujets du Royaume Planétaire Humain.
Pourtant, dans cet ouvrage, Tocqueville parle également des us et coutumes des Amérindiens. Leurs règles de société et leur justice sont bien différentes de celles des Européens, mais cela ne semble pas le faire réfléchir à la pertinence de sa foi universaliste.
Un peu plus loin, il se pose la question du comportement des groupes humains : « si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité ? Les hommes, en se réunissant, ont-ils changé de caractère ? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts ? Pour moi, je ne saurais le croire ; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs. »
Vous avez bien lu : son seul argument est qu’il refuse de croire à une autre réponse aux questions qu’il a posées. Sauf erreur de ma part, la recherche de la vérité est un poil plus difficile quand on ferme les yeux ! Et c’est par ailleurs un sujet sur lequel on peut à nouveau s’appuyer sur Mancur Olson : celui-ci a bel et bien prouvé (130 ans plus tard, certes) que les groupes humains ne se comportent pas comme les individus qui les composent.
« Je pense donc qu’il faut toujours placer quelque part un pouvoir social supérieur à tous les autres, mais je crois la liberté en péril lorsque ce pouvoir ne trouve devant lui aucun obstacle qui puisse retenir sa marche et lui donner le temps de se modérer lui-même. »
Ici, Tocqueville ignore le simple fait que la masse d’un groupe constitue en soi un élément conduisant mécaniquement à sa modération. Plus un groupe est imposant, plus il est difficile pour lui de coordonner ses actions et d’avoir une opinion majoritaire radicale. De plus, même en prétendant que cette variable n’existe pas, il reste encore la Constitution, qui est un obstacle susceptible de modérer les décisions du peuple.
Pour lui, rien de tout cela n’a d’importance, et seul Dieu serait assez parfait pour être « tout-puissant ». Ce qui n’est pas le cas pour le peuple de toute façon, puisque la Constitution définit les limites de l’exercice de son pouvoir. En conséquence, elle prive le peuple d’une quelconque omnipotence : il peut être l’autorité suprême de son pays, mais au sein d’un cadre prédéfini qui limite ses pouvoirs, même si ce cadre ne les limite pas beaucoup. De plus, la taille du peuple lui interdit aussi de prendre des décisions trop rapidement. Que la majorité populaire soit l’autorité suprême n’équivaut donc pas au chaos d’une toute-puissance arbitraire.
Après avoir eu recours à l’artifice rhétorique d’une société universelle qui n’existe pas, Tocqueville invoque Dieu pour résoudre ses problèmes, et échoue misérablement malgré tout. Quelle indignité.
Plus amusant encore, il critique ensuite les États-Unis de 1830, pour finir par vanter les mérites… de la séparation des pouvoirs telle qu’elle était déjà théoriquement pratiquée par les États-Unis en 1830, à peu de choses près.
« Supposez, au contraire, un corps législatif composé de telle manière qu’il représente la majorité, sans être nécessairement l’esclave de ses passions ; un pouvoir exécutif qui ait une force qui lui soit propre, et une puissance judiciaire indépendante des deux autres pouvoirs ; vous aurez encore un gouvernement démocratique, mais il n’y aura presque plus de chances pour la tyrannie. »
À cette occasion, il commet le péché de confondre le peuple et ses représentants, la démocratie et la représentation. En s’abstenant, par ailleurs, de donner de quelconques recommandations sur la forme et la conception exactes de ce parfait gouvernement soi-disant démocratique dont il chante les louanges. Essentiellement, il se contente de dire qu’un État pourrait être meilleur s’il était meilleur.
Et en prenant le temps d’analyser ce paragraphe en détail, nous pouvons y trouver des contradictions majeures. Notamment, si le pouvoir exécutif a « une force qui lui soit propre », alors il est indépendant de cette majorité que Tocqueville déteste tant, qui est issue du peuple. Et un exécutif indépendant du peuple est tout sauf démocratique.
Il en est de même pour des législateurs qui, s’ils ne sont pas nécessairement esclaves des passions de la majorité, ne peuvent avoir aucune qualité démocratique à moins d’être des saints détachés du monde et dénués de la moindre passion… Le portrait idyllique de Tocqueville ne résiste pas à la réalité. Ses mots prouvent que dans le meilleur des cas, il considère que les passions d’une minorité de législateurs valent mieux que celles d’une majorité du peuple. Et dans le pire des cas, ils prouvent qu’il croit au Père Noël, sous la forme de législateurs restant parfaitement neutres et bienveillants pour l’éternité.
Quant à la justice, il ne mentionne que sa séparation des deux autres pouvoirs, sans établir le moindre lien entre elle et le peuple. Belle démocratie que voilà ! Tocqueville décrit tout simplement un régime dans lequel aucune des trois branches de l’État n’a de compte à rendre au peuple. C’est-à-dire une dictature technocratique vouée à l’échec, du fait de l’isolement des décideurs et de la divergence entre leurs intérêts et ceux du peuple.
Au cours de cette section dédiée à l’idée de « tyrannie de la majorité », il ne présente pas le moindre argument valide et la solution qu’il propose est totalement absurde. Est-ce donc vraiment surprenant que cette notion soit reprise le plus souvent par des rhéteurs aux paroles creuses ?
Quoiqu’il en soit, il suffit en réalité d’un peu de logique pour démanteler définitivement cette idée.
Pour commencer, si l’on considère tyrannique le gouvernement par la majorité parce qu’il permet à la majorité d’imposer sa volonté sur un autre groupe, alors le gouvernement par la minorité ne peut être que tyrannique, puisqu’il consiste aussi à imposer la volonté d’un groupe sur un autre. Il ne pourrait donc exister que deux types différents de tyrannie… Et de toute évidence, moralement et philosophiquement, la tyrannie de la majorité demeure préférable à la tyrannie de la minorité : elle a au moins le mérite de maximiser le nombre de personnes dont l’autonomie est respectée.
J’ajouterai aussi, sur le sujet de l’autonomie et de la justice, qu’il semble arriver régulièrement que les « protections des minorités » à l’initiative des aristocrates et sans contrôle démocratique dégénèrent bien trop souvent en « privilèges des minorités ». Sous prétexte de vouloir les protéger, l’État leur permet d’agresser la majorité, directement ou indirectement. Il prive certains de leurs droits légitimes et accorde à d’autres l’immunité face à la loi, pourtant censée s’appliquer à tous de la même façon.
En Angleterre, les cas récents de Henry Nowak2 et Cody Harper3 sont emblématiques : au nom de la protection de certains groupes ethniques ou religieux, la police anglaise tue et emprisonne les victimes qu’elle devrait défendre. Peu importe ce qu’on pense sur le plan politique, c’est indéniablement une injustice injustifiable.
Aux États-Unis et dans beaucoup d’autres pays, on citera aussi les nombreuses lois et décisions à base de « discrimination positive », un concept parfaitement hypocrite puisque c’est négatif pour tous ceux qui n’en bénéficient pas. Par exemple, certains obtiennent des places à l’université que leur intellect ne peut pas justifier, tandis que d’autres en sont privés pour le terrible crime d’être né dans un certain groupe, parfois lui-même minoritaire. Et je ne parle même pas des « bénéficiaires apparents » n’ayant pas eu besoin de telles mesures pour réussir, dont le succès entièrement légitime sera à jamais entaché de suspicion aux yeux des tiers.
La notion de « discrimination positive » montre également son caractère sophistique lorsqu’on se rend compte qu’avec la même astuce rhétorique, on pourrait passer un coup de peinture fraîche sur l’histoire allemande et parler de discrimination positive en faveur des Aryens…
En tout cas, rien de tout cela n’est enviable au cas d’une majorité qui choisit de s’accorder certains privilèges. Dans les deux cas, un groupe souffre. Et lorsque le groupe qui en souffre s’avère être celui qui est majoritaire, les effets négatifs sur la société sont généralement plus importants.
De plus, il a déjà été établi que la tyrannie de la minorité est très dommageable puisqu’elle mène toujours à la création d’une oligarchie. Les institutions extractives arrivent les unes après les autres, l’économie stagne ou meurt, et cetera. Idem en matière de calcul de solutions aux problèmes de société : elle est moins performante aussi, car le nombre de participants est réduit.
Enfin, la théorie de la « tyrannie de la majorité » me paraît peu vérifiable en pratique, au moins pour ce qui est des Français et du reste de l’Occident. En se penchant plus de trois secondes sur la réalité sociologique du monde, n’importe qui pourra constater que les minorités sont bien mieux protégées en Europe qu’ailleurs, et que ce n’est pas grâce aux aristocrates de service. Nous devons surtout ce résultat à certaines valeurs culturelles aujourd’hui omniprésentes sur notre continent.
L’argument de la tyrannie de la majorité est donc à peu près aussi efficace pour invalider la démocratie en Europe qu’un dos d’âne est efficace pour empêcher les accidents sur une voie réservée aux piétons. Ce n’est que le fruit d’un précautionnisme inutile et absurde qu’une nouvelle fois, l’exemple de la Suisse prouve faux. Les Suisses sont-ils d’horribles fascistes qui brûlent toutes les « minorités » dans la rue ? Il me semble que non. Et pourtant, ils sont très proches de la « tyrannie de la majorité ».
D’autant plus qu’il y a majorité et majorité : on peut débattre de la légitimité de valider une modification de la Constitution avec 50,01 % des votes, mais qui donc aurait un égo suffisamment titanesque pour qualifier de tyrannique un référendum validé par 99,9 % des citoyens ? Rien n’interdit de concevoir une démocratie authentique dans laquelle différents seuils de majorité sont requis pour différents actes. Un référendum entièrement conforme à la Constitution pourrait être soumis à une majorité simple, c’est-à-dire la moitié des votes exprimés, tandis qu’un référendum contraire à la Constitution ou désirant la modifier pourrait être soumis à la majorité des deux tiers.
S’il s’avère que plus des deux tiers des électeurs votent pour réduire les droits d’une minorité, c’est probablement que la mesure n’est pas entièrement injustifiée. Et dans le pire des cas, si c’est une erreur malgré tout, les citoyens en subiront les conséquences. L’exil volontaire d’une population défavorisée politiquement, par exemple, pourrait réduire l’activité économique du pays et diminuer les sommes récoltées par le service des impôts chaque année. Ce qui se traduirait par des coupes de budget dans les services publics, c’est-à-dire des conséquences négatives pour la majorité.
Toutefois, il faut l’admettre, ce scénario de conséquences négatives économiques pourrait être volontairement choisi par la population. Car en politique, l’économie n’est pas le seul facteur : tous les autres éléments de l’identité humaine se voient également associer une valeur qui entre en compte dans le calcul des solutions. Les émotions issues de l’attachement au territoire, à la religion, au langage, ou encore à la gastronomie par exemple, ont une valeur pour les individus.
Pour des raisons religieuses, par exemple, une population majoritaire pourrait choisir d’en exclure d’autres du territoire et être satisfaite de la mesure malgré des conséquences économiques négatives. Tout simplement, parce que leur satisfaction émotionnelle compenserait largement la baisse des revenus fiscaux de l’État.
Et c’est vrai, ce ne serait pas forcément objectivement idéal. Un autre citoyen athée ou fidèle à une autre religion ne serait absolument pas convaincu par cette mesure : elle ne lui apporterait aucune valeur ajoutée. Mais qui serait-il pour prétendre nier le droit à l’autodétermination de ses concitoyens ? Il ne pourrait rien faire d’autre qu’essayer de les convaincre, parce que c’est ainsi que la démocratie fonctionne.
Vouloir restreindre le pouvoir du peuple et lui empêcher de prendre certaines décisions au nom de nos préférences personnelles, cela reviendrait à l’infantiliser. Et surtout, à exercer le pouvoir d’un tyran. Décider unilatéralement qu’il existe des limites infranchissables au pouvoir citoyen est en réalité un acte profondément tyrannique : il consiste, pour un individu ou une minuscule minorité de juristes et politiciens, à priver définitivement le peuple d’une part de son pouvoir. C’est-à-dire le soumettre pour toujours à la volonté tyrannique de ses ancêtres. En voulant se prémunir de l’éventualité d’une tyrannie dans le futur, on créerait concrètement une règle tyrannique dans le présent.
Ironiquement, même Walter Lippmann critiquait ce genre de mesures : « La clause d’amendement de n’importe quelle constitution est un bon indice de la confiance de ses auteurs envers la portée de leurs opinions au sein des générations suivantes. Il y a, je crois, des constitutions étatiques américaines qui sont presque impossibles à amender. Les hommes qui les ont faites ne pouvaient avoir qu’une notion vague du cours du temps : pour eux l’Ici et le Maintenant était si brillamment certain, l’Après si vague ou si terrifiant, qu’ils ont eu le courage de dire comment la vie devrait se dérouler après qu’ils soient partis. »
De plus, c’est également contre-productif sur le long terme : le monde ne reste pas le même à travers le temps. Valeurs morales ou circonstances économiques, technologiques et environnementales, tout finit par changer. Il est donc tout à fait possible que même en étant à la fois correcte momentanément et conçue avec toute la bonne volonté du monde, une limite absolue imposée au peuple finisse par le blesser.
La notion farfelue qu’une démocratie puisse être qualifiée de tyrannique n’a donc, en définitive, aucune substance. De tous les régimes possibles, c’est celui qui bénéficie de la plus forte légitimité à exister et appliquer ses règles. Enfin, c’est le plus éloigné de la tyrannie qu’il puisse exister : même le fait de vouloir y imposer des limites arbitraires pour tenter de l’en éloigner encore un peu plus, revient en fait à le rapprocher de la tyrannie.
En outre, nous l’avons déjà vu dans les six chapitres précédents, c’est aussi le régime le plus résistant à l’extraction de valeur, le mieux immunisé à la formation d’une oligarchie, et le mieux à même de calculer des solutions exactes aux problèmes de la société.
Comment pourrait-on bénéficier de tout cela en France ? J’en avais traité brièvement au début : nous avons besoin d’une nouvelle Constitution. Plus spécifiquement, nous avons besoin d’une nouvelle couche normative destinée au transfert de pouvoir du peuple vers l’État, et d’institutions conçues en conséquence.
Je vais donc m’atteler dans les chapitres suivants à vous présenter toutes les mesures, tous les systèmes nécessaires pour créer une démocratie plus pure. Et ce, sans avoir à renverser l’État, briser l’administration en mille morceaux, ou prendre d’autres mesures coûteuses et risquées. Mon objectif principal est d’offrir à la société française un schéma constitutionnel et institutionnel dans lequel il n’existe aucun filtre politicien opaque entre le peuple et l’État.
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RTS, En Suisse, les manifestations sont moins radicales qu’ailleurs, mais tout aussi fréquentes ↩︎
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Le JDD, « Une allégorie de l’Occident » : des responsables politiques français réagissent au meurtre d’Henry Nowak ↩︎
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The Telegraph, Affaire de la « police à deux vitesses » à Birmingham : retrait des charges contre un homme blanc ↩︎